Projet de Loi

Jean De Villeray



Loi du bon sens


Évidemment, vous n’avez jamais entendu parler de cette loi-là parce qu’elle n’existe pas. Le bon sens n’existe pas dans la tête du législateur. Et dans la tête de nos politiciens? Mais ces gens-là n’ont pas de tête, me direz-vous! Mais oui, ils en ont une tête, mais pas pour penser : pour dépenser. Ils dé-pensent ou pensent de travers. Or, il est temps que le bon sens se manifeste. Comment?

Comment se fait-il qu’il y ait de plus en plus de gangs de rues, de motards criminalisés, de groupes criminalisés qui se forment et poussent comme des champignons? Parce que ces gens-là ne sont pas dangereux : ils ne font pas de politique. Ils ne tuent jamais un politicien, n’attaquent jamais le pouvoir; donc ils ne sont pas dangereux.

Ils tuent, blessent des centaines de personnes, mais pour les politiciens, la magistrature, ce n’est pas grave. Ils ne sont jamais touchés, eux. ILS S’EN FOUTENT! Ils n’ont pas de cœur, pas de tête, pas de couilles. Ce sont des larves, des vers de terre, des sangsues, des invertébrés.

Ce qui compte pour les politiciens, c’est d’être réélus, de garder leur job. C’est ça et c’est tout. Cette attitude, cette manière de penser, ce comportement débile m’écœure au pluriel. Que peut-on faire pour changer ça? Je vais vous donner une solution bien simple qui ne vous coûtera pas un sou, pas une cenne, et qui va décourager n’importe quel jeune adolescent ou adulte de s’engager dans la voie de la criminalité facile.

La vérité, c’est que nos lois sont tellement ridicules, nos sentences tellement idiotes que les jeunes se disent : « Pourquoi pas tenter le coup? On n’a rien à perdre! Tout ce qu’ils peuvent faire contre nous autres, c’est de nous mettre en prison, puis si en prison on est plus fin qu’eux, on va sortir dans un temps record. On va faire le sixième de la sentence et même moins, parce que le temps qu’on va passer au centre de détention de Parthenais en attendant le jugement va compter au double. Puis ça, c’est s’ils ont des preuves. »

Ils n’ont pas tort. Quand le crime rapporte gros, les sentences ridicules sont un incitatif à s’engager dans la voie du crime ou les sentiers du crime. Pas exactement, parce qu’aujourd’hui, c’est si facile et ils sont si nombreux qu’on peut appeler ça une autoroute. C’est ce qui se passe présentement.

Alors, c’est quoi la solution? Le projet de loi citoyen? Oui, mais ce n’est pas assez. Nos juges seraient peut-être plus idiots qu’ils le sont à l’heure actuelle. Faut-il changer les juges? Non : le bon sens n’existe pas dans les cours de droit. Le bon sens, c’est d’avoir une peine qui soit dissuasive. Une peine qui soit à la hauteur de la gravité des crimes commis. Psychologues-de-mon-derrière, éloignez-vous de moi! J’insiste. Ça va péter. J’insiste pour qu’il y ait la peine du fouet, le bon vieux fouet qui laisse des souvenirs, qui fait réfléchir.

Il n’y a rien qui fasse plus réfléchir que la douleur corporelle. C’est notre plus grand maître. C’est le meilleur moyen que la nature emploie pour nous faire réfléchir. Vous croyez-vous plus fin que la nature? Vous croyez-vous plus intelligent? Non! Alors prenez donc exemple sur elle. Imitez-la. La loi du bon sens, c’est celle qui nous fait réfléchir et qui ne nous donne pas le choix. On peut l’appliquer à la Cour ou dans une cour de prison devant des caméras de télévision. Ce serait très éducatif. On utilise des policiers que des bandits ont bavé ou une bonne âme généreuse et on retourne les bandits méditer sur le sens du mot « peine » dans la communauté.

Il ne nous reste qu’à espérer que nos nouilles sans couilles se grouillent. Brassez-leur la seule cellule qu’ils ont dans le cerveau ou l’unique neurone qu’ils semblent avoir.

Qui mérite le fouet?


N’importe quelle personne qui commet un crime crapuleux. Un crime crapuleux est un crime dont les conséquences sont irréparables ou presque irréparables. Un crime horrible. Voici une liste des crimes qui m’apparaissent comme étant des crimes dont la justice ne traite pas sérieusement :

• Crimes commis contre des personnes âgées, incendies criminels, fraudes de notaires privant des personnes du fruit de toute une vie de travail (y en a une peste!), crimes violents avec torture, viols par un groupe de personnes, fraudes de télémarketing;

Tous les crimes envers les personnes âgées ne sont pas traités sérieusement.

• Crimes envers la communauté, pillages de banques de nourriture, incendies d’école (5 millions de dollars pour une école, une bagatelle!), fraudes de grosses compagnies à la bourse, fraudes de fonds mutuels (pourquoi un fonds baisserait de 50% quand il avait une réserve de 20%? (Louche!) Pas d’enquête, jamais!), banqueroutes frauduleuses;

• Détournement de fonds par des députés (faux rapports, fausses études). La GRC ne les arrête jamais; ils appellent cela « situation de conflit d’intérêts »;

• Vols de biens publics, d’ordinateurs, de logiciels et toutes sortes de choses auxquelles vous pourriez penser. Ça se compte en millions chaque année. Qui ça intéresse? Ce n’est pas l’argent du gouvernement : c’est le nôtre.

• Réseaux de voleurs d’autos? Ils ne sont jamais punis sérieusement. Un vol toutes les 12 minutes au Québec. Aussitôt qu’ils sortent de prison, ils recommencent encore. Ils font 100 000 $ par année sans impôt. La punition : 100 $ par auto trouvée. Une farce, une vraie farce, plus des heures de travaux dans la communauté; grosse punition…

Les juges rient du monde. Les politiciens? Est-ce leur affaire? Peut-être que oui, peut-être que non. On verra. Ils dorment.

Il est temps de les réveiller. Le fouet ferait une très bonne affaire. Dites-leur qu’ils ont besoin d’entendre parce que d’eux-mêmes, ils ne sont jamais capables de penser. Quand ils essaient de penser, ils appellent cela « une étude ». Et ils veulent être payés pour ça. C’est une façon de doubler son salaire. Même le whip de l’opposition veut être payé pour commencer à penser. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un vrai fouet. Vous m’entendez? Un vrai fouet.

Communiquez avec moi pour me donner vos impressions.